Motion contre la privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP)

Créteil, le 7 juillet 2018.

Considérant que les terminaux de Paris-Charles de Gaulle et d’Orly constituent des portes d’entrée en France et en Ile-de-France, avec plus 100 millions de voyageurs chaque année,

Considérant que les aéroports de Paris concentrent des enjeux économiques, sécuritaires et d’aménagement qui en font des actifs stratégiques de l’Etat et qu’ils bénéficient d’une situation de quasi-monopole,

Considérant le poids économique du groupe ADP dans l’aménagement de l’Ile-de-France, avec un système aéroportuaire qui représente 8,3% de l’emploi salarié dans la Région et l’importance du Grand Roissy comptant 160 000 emplois - dont 85 000 sur le seul aéroport – et générant 10% de la richesse francilienne,

Considérant que les plateformes d’ADP sont des infrastructures sensibles où le contrôle de l’entrée et de la sortie des passagers et des marchandises constitue un enjeu de sécurité nationale,

Considérant que la maitrise publique d’ADP est indispensable à un développement cohérent des activités aéroportuaires, garantissant le maintien du couvre-feu, limitant des mouvements de vols et réduisant les nuisances subies par les riverains,

Considérant que l’Histoire témoigne que la puissance publique, lorsqu’elle échappe au contrôle de lobbies privés, est la plus apte à prendre en compte les enjeux environnementaux liés au trafic aérien qui ne peuvent négligés au profit de la seule logique de rentabilité,

Considérant que les plateformes de Paris-Charles de Gaulle, d’Orly et du Bourget représentent des territoires majeurs du Grand Paris,

Considérant que l’Etat majoritaire à hauteur de 50,5% dans le groupe ADP envisage de céder tout ou partie de ses participations,

Considérant que les collectivités franciliennes n’ont pas été consultées sur ce choix par le Gouvernement avant la présentation au conseil des ministres, du projet de loi « Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) »,

Considérant que les motivations de cette privatisation s’appuient sur des arguments économiques de court-terme alors même que le groupe ADP a redistribué ces dix dernières années près de 2 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires, dont au premier chef l’Etat,

Considérant qu’avec la privatisation d’ADP, le retour sur investissement primera désormais sur le développement et l’amélioration des plateformes d’Orly et de Roissy,

Considérant que la remise en cause de la participation majoritaire de l’Etat dans le capital du groupe ADP porterait incontestablement un grave préjudice au développement des plateformes parisiennes, avec des conséquences pour l’emploi et l’externalisation d’un certain nombre d’activités,

Considérant les précédentes privatisations d’infrastructures de transports, dont celles des autoroutes qui ont été préjudiciables aux contribuables comme à leurs usagers,

Considérant les articles 44 à 50 du projet de loi PACTE relatif à la croissance et la transformation des entreprises,

La Fédération PS du Val-de-Marne :

  • s’oppose à toute privatisation par l’Etat du groupe ADP, entreprise gestionnaire des aéroports franciliens.
  • exige qu’une mission parlementaire soit mise en place pour réaliser une analyse comparative des scénarios alternatifs et de leurs impacts sociaux, économiques et environnementaux
  • invite l’ensemble des conseils municipaux et des conseils de Territoires du Val-de-Marne à se saisir de cette motion.